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Par Marie-Claude Richard, directrice des projets.

Si je devais décrire Michel Rémon, je dirais que c'est un homme très attaché au concret, à la matière, à la terre. Ses pieds sont fermement ancrés au sol, il conçoit l'espace d'abord avec son corps et ses sens. Il arrive même parfois qu'il construise un environnement de sensations avant de composer un plan. Ainsi naissent les idées d'une atmosphère (l'atrium bois de l'Institut National de l'Energie Solaire) ou d'un lieu particulier (le hall en pente douce de l'université de Cergy-Pontoise) ou encore le cadrage de vue...
Dans le travail de conception du projet je remarque qu'il s'appuie d’abord sur les aspects concrets : la pratique (la fonctionnalité, le mode d'occupation et les usages des futurs utilisateurs), et le site, le terrain, sa topographie, sa nature.

 

Il cherchera à connaitre dans leurs moindres détails les rouages des séquences fonctionnelles, les liaisons à privilégier, celles à exclure.
C'est une base importante, un point de départ capital du projet, que Michel Rémon revendique et partage avec l'ensemble des architectes de l'atelier.
A l'atelier nous prenons toujours beaucoup de temps, avant de dessiner, à décrypter les programmes qui nous sont confiés, à croiser et recroiser les données pour comprendre, mais aussi pour apprendre comment cela fonctionne ou devrait fonctionner.

 

Un de nos premiers objectifs est d’élaborer un schéma idéal de fonctionnement, indépendamment de toute autre contingence. Il est inconcevable pour Michel Rémon de commencer un plan sans cette approche préliminaire.
Pour nous, cette approche fonctionnelle n’est pas restrictive car elle nourrit et accompagne en permanence la réflexion à d’autres niveaux de notre recherche : le questionnement sur l’implantation du projet sur le site, son inscription dans les contextes géographiques, sociologiques, économiques, ses atouts bioclimatiques, sa mise en forme spatiale.

 

Je pense que c’est à travers la synthèse de toutes ces études que nous développons le sens du projet. Il s’agit d’une construction de la pensée, étape par étape, un parcours parfois laborieux, parfois plus rapide et évident, mais jamais instantané, jamais tombé du ciel. Un concept issu d’un faisceau d’approches convergentes.
Nous cherchons une idée du projet qui « fasse sens », non seulement pour nous, mais surtout et avant tout pour ceux pour qui nous construisons.
Je dirais que c’est la condition fondamentale pour que le projet passe de nos mains à celles des utilisateurs, que ceux-ci le reconnaissent et se l’approprient pendant et après notre passage.
Une démarche ouverte et réceptive : c’est dans ce partage des plaisirs et des émotions que se trouve la clef de notre travail.